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ISNO Super

Une carte faite pour les firmwares radio, et pour arrêter d'empiler des modules CC1101 sur une breadboard. Deux radios sous-GHz, 433 et 868 MHz, un ESP32-S3, un port Qwiic et un mikroBUS, le tout en USB-C, et un catalogue de firmwares vérifiés.

ISNO Super
La carte ISNO Super EVT, nue à gauche et montée dans son boîtier imprimé à droite.
Sommaire
  1. Contexte
  2. Ce qu’il y a dessus
  3. Schéma fonctionnel
  4. Brochage
  5. Ce qui est vérifié avant fabrication
  6. Les prototypes
  7. Les mesures de banc
  8. Ouverture
  9. La suite

La Super est une carte faite pour recevoir des firmwares, et de préférence des firmwares radio. Elle arrive avec son launcher : à la première mise sous tension, elle lève son propre point d’accès Wi-Fi, montre l’état de ses radios, et propose d’installer un firmware du catalogue ou un fichier à soi, depuis un téléphone, sans rien brancher d’autre que l’alimentation. Ensuite, elle fait ce que ce firmware fait, et le launcher reprend la main si l’image ne démarre pas. Ce qu’elle apporte, c’est le matériel que ces programmes attendent sans jamais l’avoir : deux émetteurs-récepteurs CC1101, en 433 et en 868 MHz ; un ESP32-S3 pour le calcul, le Wi-Fi et l’USB natif ; un port Qwiic et un mikroBUS pour ce qu’on voudra y brancher ; le tout alimenté et programmé en USB-C. Et, à côté, un catalogue de firmwares ouverts, vérifiés contre la carte avant d’y être installés : OpenProfalux pour des volets, OpenMQTTGateway pour une passerelle, d’autres à venir. La domotique, Home Assistant en tête, est le premier usage. Ce n’est pas le seul, et la carte ne le présuppose pas.

Cet article raconte comment elle est conçue et pourquoi, ce qui a été calculé et ce qui est maintenant mesuré. Les cinq premières cartes sont arrivées, le bring-up passe (alimentation, ESP32-S3, les deux CC1101) et les premiers relevés RF au banc sont faits : l’émission conduite des deux radios, leurs harmoniques, la sensibilité des récepteurs.

Contexte

Plusieurs projets de ce site partent du même point : un ESP32, un module radio à quelques euros, et huit fils dupont (OpenXtraflame, lui, n’en garde que l’ESP32, il pilote le poêle en série). Ça marche, c’est le but, et le firmware restera ouvert. Mais au moment de passer d’un banc à une installation, on se retrouve toujours au même endroit : un module 868 pour les volets Profalux, un module 433 pour ce qui reste, deux cartes, deux alimentations, deux antennes, et rien qu’on puisse donner à quelqu’un d’autre.

En regardant ce qui existe, j’ai compté une trentaine de firmwares sous-GHz ouverts pour ESP32. Une poignée seulement pilote un CC1101, et aucune carte du commerce ne leur offre deux bandes sur un seul connecteur d’antenne. Entre le pont mono-bande à firmware fermé et le dongle SDR qui reçoit tout et n’émet rien, il manque une passerelle.

La Super est cette passerelle. Elle n’est pas un appareil fini : c’est une carte ouverte sur laquelle on installe le firmware de son choix, depuis un catalogue qui vérifie que le firmware correspond à la carte. Ce catalogue, le launcher, est la seconde moitié du produit, et il fera l’objet d’un autre article.

Ce qu’il y a dessus

La carte ISNO Super EVT vue de dessus, chaque fonction repérée : l'embase SMA en haut, l'ESP32-S3 à gauche, les deux radios 433 et 868 au centre, le connecteur mikroBUS à droite, le Qwiic, l'USB-C et les boutons BOOT et RESET en bas

Quatre couches, lignes RF en coplanaire sur plan de masse à 50 Ω, piste RF la plus longue 14 mm. La carte fait 67,4 × 55,3 mm, avec quatre trous M3 aux coins.

Le budget de courant, tel qu’il est calculé depuis les fiches techniques, à confirmer au banc :

ÉtatCourant sur le 5 V
repos, Wi-Fi associé130 mA
Wi-Fi actif260 mA
émission Wi-Fi365 mA
émission Wi-Fi et émission radio en même temps405 mA
pire cas retenu pour le régulateur455 mA

Ce que les ports peuvent tirer, fixé par les trois limiteurs : 151 mA sur le Qwiic, 255 mA sur le 3,3 V du mikroBUS, 459 mA sur son 5 V. Le plafond réel reste la source USB, 500 mA sur un port ordinaire : la carte est faite pour un capteur ou une carte Click, pas pour alimenter un moteur.

La carte Super, le riser mikroBUS et l’adaptateur vertical sont en vente, sous réserve de disponibilité.

Schéma fonctionnel

ISNO Super, schéma fonctionnel : un ESP32-S3 relié en USB-C, alimenté par un LDO 3,3 V, pilotant par SPI les deux radios CC1101 433 et 868 combinées sur une seule antenne SMA par un diplexeur LC, avec le Qwiic en I²C et le mikroBUS

Les deux radios partagent le bus SPI et se distinguent par leur sélection et leurs lignes d’interruption. Le firmware n’active qu’un émetteur à la fois ; les deux récepteurs écoutent en permanence.

Brochage

Ce que lit le launcher pour vérifier qu’un firmware s’adresse aux bonnes broches avant de l’installer vient de la déclaration de carte, elle-même relevée dans le fichier de fabrication, pas recopiée à la main. La figure en est tirée de la même façon : positions et réseaux depuis le fichier de fabrication, numéros de GPIO depuis la déclaration.

Brochage de la carte ISNO Super vue de dessus : le SMA en haut, l'ESP32-S3 à gauche, les deux CC1101 au centre, le mikroBUS 2×8 à droite avec la broche 1 en haut à gauche, le Qwiic sur le bord gauche, l'USB-C, BOOT et RESET en bas. À droite, le mikroBUS agrandi : colonne gauche AN 8, RST 40, CS 34, SCK 36, MISO 37, MOSI 35, 3,3 V, GND ; colonne droite PWM 38, INT 39, RX 18, TX 17, SCL 13, SDA 12, 5 V, GND. Le Qwiic de haut en bas : GND, 3,3 V, SDA 12, SCL 13.

Comme sur les articles OpenProfalux et OpenXtraflame : on câble par nom de signal, en repérant la broche 1 au carré, jamais en comptant les positions depuis un bord.

Radios, bus SPI partagé

SignalGPIORadio 868 (U2)Radio 433 (U5)
SCK4communcommun
MISO5communcommun
MOSI6communcommun
CS715
GDO0110
GDO2211

Qwiic J4, JST-SH 4 points : GND, 3,3 V, SDA sur GPIO 12, SCL sur GPIO 13. Le 3,3 V est limité en courant par un commutateur de charge. Le mikroBUS a les siens, un pour le 3,3 V et un pour le 5 V : trois limiteurs SGM2553 en tout, pas de fusible.

mikroBUS J2, connecteur 2×8 détrompé :

Côté ANGPIOCôté PWMGPIO
AN8PWM38
RST40INT39
CS34RX18
SCK36TX17
MISO37SCL13
MOSI35SDA12
3,3 Vlimité en courant5 Vlimité en courant
GNDGND

Un point définitif du brochage, à connaître : ce connecteur mikroBUS est câblé en miroir par rapport à l’adaptateur Shuttle de MikroElektronika. Les adaptateurs ISNO, le riser et l’adaptateur vertical, s’y enfichent directement et dans le bon sens ; en revanche, relié par un câble plat droit à un Shuttle, le 5 V tomberait sur une ligne de reset. Sur cette carte, on enfiche un module, on ne tire pas un câble plat droit.

Le reste

GPIORôle
bouton BOOT0mode téléchargement, et bouton du launcher
LED26témoin du launcher et du firmware
UART17, 18console, aussi sur le mikroBUS
USB19, 20D−, D+, USB natif de l’ESP32-S3
identification de carte14, 47deux straps lus au démarrage, qui disent quelle variante est montée
J5, J6commutateurs coaxiaux Hirose MS-156C3, un par radio, pour le laboratoire

Les deux straps d’identification sont ce qui permettra aux variantes mono-radio d’être la même carte avec un module en moins : le firmware lit lesquels sont montés et n’initialise pas ce qui manque.

Ce qui est vérifié avant fabrication

Avant la fabrication, la carte est passée par une chaîne de contrôles automatiques : règles de conception à zéro erreur, parité schéma-circuit sur 295 broches, revue de fabrication sans remarque, et une trentaine de validateurs maison sur les pistes RF, le plan de masse, la thermique du régulateur et la nomenclature.

Deux points vérifiés par le calcul :

Les prototypes

Les cinq cartes EVT sont arrivées fin septembre 2026, revue de fabrication passée et confirmation de placement signée le 15 septembre. La première, la #0001, passe sa mise en route : alimentation propre sans court-circuit, ESP32-S3 reconnu en USB natif, et les deux CC1101 qui répondent en 433 et 868 MHz.

La première carte EVT numéro 0001, sous tension dans son boîtier imprimé : la carte vissée sur ses plots, l'embase SMA qui sort par le haut, le mikroBUS traversant à droite, l'USB-C et les deux boutons en bas, la LED bleue allumée

Le dessous de la première carte EVT : les broches traversantes du mikroBUS, les quatre trous de fixation, et le marquage de révision « ISNO Super IoT HW REV 1.0 »

Les mesures de banc

Les premières mesures RF existent maintenant : une première série relevée au banc sur la carte EVT, chaque radio à son tour, à l’analyseur de spectre. Ce sont des mesures d’ingénierie, faites au banc.

Voir les mesures de banc (octobre 2026)

Les deux fondamentaux, relevés à l’embase SMA : chaque radio sort une porteuse propre.

Spectre de l'émission 868 MHz de la carte EVT au tinySA : une porteuse unique et propre à 868,2 MHz, plancher de bruit vers -80 dBm, aucune raie parasite sur la fenêtre 855 à 882 MHz

Spectre de l'émission 433 MHz de la carte EVT au tinySA : une porteuse unique et propre à 433,9 MHz, plancher de bruit vers -85 dBm sur la fenêtre 428 à 440 MHz

Puissance conduite (lecture tinySA plus 30 dB d’atténuateur), selon le réglage power :

power433868915
5+2,3 dBm+2,8 dBm+3,1 dBm
7+8,3 dBm+6,3 dBm+4,6 dBm
10+11,8 dBm+9,3 dBm+7,6 dBm

Harmoniques. Le 868 et le 915 sont propres : harmoniques sous le plancher, plus de 65 dBc. La deuxième harmonique du 433, elle, tombe dans la bande 868 : c’est ce qui conduit à régler le 433 autour de 8 dBm plutôt que 10.

Bande occupée (modulation 2FSK) : 12,7 kHz en 868, 13,0 kHz en 433. Très étroit.

Erreur de fréquence : -14,9 ppm en 868, -11,3 ppm en 433, dans la tolérance des quartz et loin des bords de bande.

Sensibilité des récepteurs : plancher -116 dBm en 433, -112 dBm en 868, -118 dBm en 915. Sensibles et sains.

Variante 915 (US) : la chaîne 868 laisse passer le 915 à +7,6 dBm conduit, harmoniques propres. La carte EVT fonctionne donc aussi en 915, sans changer un composant.

Douze points ouverts sont consignés dans un errata daté. Ceux qui ne sont pas cosmétiques :

C’est la raison pour laquelle le dépôt de la carte n’est pas encore public : publier un plan avec un piège connu dedans, ce n’est pas de l’open hardware.

D’autres mesures suivront sur les cinq cartes, et une révision suivante corrigera les points ouverts.

Ouverture

La conception de la carte est sous licence CERN-OHL-S version 2, la variante fortement réciproque : qui fabrique à partir de ces fichiers doit publier ses modifications. Le dépôt deviendra public au lancement de la campagne Crowd Supply, une fois les cinq prototypes mesurés et chaque défaut connu corrigé ou marqué dans les fichiers eux-mêmes.

La suite